Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.
Affichage des articles dont le libellé est vin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vin. Afficher tous les articles

vendredi 19 juin 2026

J'ai goûté le rosé de Tavel cuvée spéciale du Château d’Aqueria pour le Festival Off d'Avignon

J'ai goûté le rosé de Tavel cuvée spéciale du Château d’Aqueria pour le Festival Off d'Avignon et si je ne vais pas dans le Sud cet été j'aurais eu un avant-goût de ce qui attend les festivaliers, en toute modération sachant que l'abus d'alcool nuit à la santé.

À ce propos voici mes recommandations pour cette prochaine édition.

Il a été agréable en tout début de soirée, en accompagnement d'une gougère ramenée de Vézelay.

Niché au cœur de la garrigue et adossé à une colline où s’épanouissent de multiples essences méditerranéennes, le Château d’Aqueria étend son vignoble sur les appellations Tavel et Lirac. Deux crus, pour trois couleurs que le domaine produit avec passion et fierté : Lirac Blanc, Lirac Rouge, Lirac L'héritage mais aussi le Tavel Château d'Aqueria.

L’encépagement exceptionnel des terres d’Aqueria offre des vins singuliers qui s’expriment avec caractère et élégance. Ce fleuron méridional est l’objet de toutes les attentions de Marcel et Philippe Guigal, qui suivent avec passion l’élaboration des vins du Château en collaboration avec Ralph Garcin et Brice Vienne.

Ralph, Directeur du Château d’Aqueria, est ingénieur agronome et œnologue. Son parcours professionnel l’a guidé auprès de maisons prestigieuses, du nord au sud de la Vallée du Rhône. Brice, Maitre de chai du Château d’Aqueria, a suivi des études en microbiologie et à l’Institut Technique de la vigne et du Vin avant de compléter son cursus par une formation d’œnologie. Il a su poser sur le Château d’Aqueria une vision transversale, de la parcelle à la cuve, afin de venir révéler toute la finesse et la délicatesse de ce terroir sablonneux si particulier de Tavel et de Lirac.

Le Tavel du Château d’Aqueria est un Rosé de terroir et de caractère par excellence, issu de cépages noirs et blancs cultivés sur un sol sablonneux d’une extrême finesse. Le terroir sablonneux du Château d’Aqueria est propice à l’élaboration de grands vins rosés à l’équilibre parfait entre fraîcheur et maturité. Six cépages, noirs et blancs confondus, contribuent à sa complexité : Grenache noir, Syrah et Mourvèdre lui confèrent une couleur et un support tannique exceptionnels tandis que Clairette, Bourboulenc et Cinsault viennent habilement compléter l’assemblage en offrant une palette aromatique généreuse ainsi qu’une note finale sur la fraîcheur.
La robe est étonnamment d’un rubis intense aux reflets brillants. Le nez est élégant et complexe aux notes épicées et fruitées (framboises, fraises des bois, grenade). En bouche la structure est élégante, avec des arômes de fruits rouges et d’épices qui s’expriment pleinement et persistent jusqu’à la note finale dont la fraîcheur remarquable apporte un bel équilibre.

Toutes ces qualités ont permis de le servir aussi sur un plat principal, une viande de boeuf poêlée et une assiette de crudités autour du fenouil et de l'ail des ours, ce qui apportait des saveurs complémentaires à ce vin.
Il aurait également été parfait sur des poissons grillés, une tapenade ou une bouillabaisse. Vous aurez remarqué la présence de l'affiche du festival qui fête cette année son 60 ème anniversaire.

Château d'Aqueria, 30126 Tavel - 04 66 50 04 56

vendredi 12 juin 2026

50 ème anniversaire du Jugement de Paris

Dernière ce titre un peu opaque se cache un évènement qui a bouleversé le monde du vin et qui est à relier aux célébrations de l'anniversaire de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique, adoptée le 4 juillet 1776 à Philadelphie et que la France fut la toute première nation à reconnaître.

Je rappelle que c'est au Procope13 rue de l’Ancienne Comédie, que Benjamin Franklin a rédigé certains éléments de la future Constitution des États-Unis et le texte du traité d’Amitié, de Commerce et d’Alliance entre la France et les États-Unis conclu le 6 février 1778.

Nous fêterons cette année le 250e anniversaire de l'indépendance américaine. Et donc, en 1976 il s'agissait du bicentenaire de l'évènement. A cette occasion une dégustation à l’aveugle de vins français et californiens fut organisée à l'hôtel InterContinental de Paris par le marchand de vin britannique Steven Spurrier, alors propriétaire des Caves de la Madeleine à Paris, et qui ne vendait pratiquement que des vins français et l'Américaine Patricia Gallagher le le 24 mai 1976.

Parmi les onze juges on note la présence d'un célèbre chef, Raymond Oliver, triplement étoilé, alors propriétaire du restaurant le Grand Véfour, aujourd'hui dirigé par Bruno Doucet (qui succéda à Guy Martin), et qui fut en son temps fréquenté par des célébrités comme Danton, Napoléon Bonaparte, Victor Hugo, George Sand, Lamartine, Jean Cocteau, Aragon ou Colette.

Autant dire que l'avis du jury serait respecté. Il était prévu de déguster dix blancs à base de Chardonnay et dix rouges à base de Cabernet Sauvignon. En toute logique les vins blancs furent goûtés en premier opposant des bourgognes à des vins californiens du même cépage. Les français étaient certains que les vins californiens ne pouvaient pas l'emporter.

Pourtant, Château Montelena 1973 (œnologue : Mike Grgich) obtint la meilleure note avec 14,4 sur 20. En seconde position se hissa le domaine Jean-Marc Roulot (meursault Charmes) 1973 avec 14, 05.

La victoire américaine semble faible mais il faut souligner que les onze juges donnèrent tous leurs meilleures notes au vin californien, Chateau Montelena. Et même si certains critiques ont prétendu que le Jugement de Paris avait manqué de rigueur scientifique ce moment, qui est aussi appelé "la dégustation de 1976", eut un énorme impact sur la production et le prestige des vins américains parce que les vins rouges californiens se sont, eux aussi, mieux classés que les français.

Leurs prix s'envolèrent. Et le prestige accordé à son chardonnay permit à Mike Grgich de lancer son propre domaine l'année suivante. Chateau Montelena reste à ce jour parmi les noms les plus prestigieux de la vallée de Napa.

J'imagine que les chefs de cave français redoublèrent d'efforts pour maintenir le prestige de la France si bien qu'il n'y eut pas de "raisin de la discorde" entre les deux pays si on me permet cette pirouette en référence au Jugement de Pâris dont je rappelle les règles en fin d'article.

C'est au nom de cette amitié franco-américaine que fut organisée, le 8 juin dernier, à la résidence du Chef de Mission Adjoint de l'Ambassade des États-Unis d'Amérique à Paris, une réception pour célébrer le 50e anniversaire du Jugement de Paris, avec le soutien du Château Montelena Winery, l'un des domaines viticoles emblématiques qui ont participé à la dégustation légendaire de 1976. La soirée, très conviviale, était emprunte d'émotion.
Monsieur Mario Mesquita a rappelé comment un seul événement a transformé le paysage viticole mondial. Le Jugement de Paris a remis en question des idées reçues et a propulsé les vins californiens sur la scène internationale, leur valant la reconnaissance et le respect dont ils bénéficient encore aujourd'hui.

Bo Barrett en est l'actuel PDG et propriétaire, tandis que Matt Crafton est le maître de chai. Fort de cinquante ans d'expérience sous la direction de Barrett, le domaine a développé une connaissance approfondie du terroir de Montelena, élaborant des vins de garde qui révèlent les caractéristiques uniques de chaque millésime.

Nous n'avons évidemment pas dégusté la cuvée qui a bouleversé les opinions des onze juges et nous avons dégusté en toute modération, sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Nous avons découvert un Chardonnay 2018, donc vieux de 8 ans, qui se révéla simplement exceptionnel, quoique le 2023 était très prometteur, prouvant combien Château Montelena continue de toute évidence à élaborer des vins qui sont à la hauteur de la réputation qui a été acquise. Le domaine est une référence de grande qualité.

Après la vinification, le jeune vin est systématiquement élevé en fûts de chêne français pendant 10 mois pour ajouter une complexité et une profondeur supplémentaires. Cette cuvée 2018 s'ouvre sur des arômes de pêche mûre, puis de melon, de poire et de chèvrefeuille. Le fruit domine en bouche sur une acidité franche sous-jacente. L'abricot l'emporte en final avec des notes de marmelade d'orange, d'amande grillée et une pointe de clou de girofle.

Nous avons aussi goûté le Cabernet Sauvignon, 2013 et 2023. Matt Crafton explique qu'il exprime un jeu complexe de chêne français doux, de notes terreuses subtiles et d'une minéralité moelleuse que les fidèles amateurs de Montelena reconnaissent instantanément.

Et puis le Zinfandel 2023 qui fut un millésime exceptionnel. J'ignore comment il se serait classé au Jugement de Paris mais ce fut mon préféré parmi les rouges.

Le Zinfandel est considéré comme le raisin patrimonial de la Californie. Les raisins fermentent dans des cuves inox, puis dans des fûts de chêne français et américains pendant 16 mois.

Je ne connaissais pas ce cépage dont les facettes terreuses et sauvages rappellent la Syrah. Au nez, on perçoit plutôt des parfums, des notes de sous-bois et de cerise rouge. La bouche brille par une acidité vive, des arômes de framboise fraîche et de ronce puis de délicates notes de café.

Cinquante ans plus tard, l'héritage du jugement de Paris reste plus que jamais d'actualité : la qualité ne connaît pas de frontières, et les grandes histoires naissent souvent du courage de défier les conventions.

Quant au jugement de Pâris (avec un accent circonflexe) c'est un épisode important de la mythologie grecque qui met en compétition les déesses Héra, Athéna et Aphrodite, et provoqua la guerre de Troie. Cet épisode est à l'origine de l'expression "pomme de discorde". 

lundi 8 juin 2026

Nouveaux accords avec deux vins gris des Coteaux du Vendômois, 100 % Pineau d’Aunis

C'est le moment des vins Gris des Coteaux du Vendômois, produits 100 % du Pineau d’Aunis, cépage rare, particulier, unique et spécifique à sa région.

Aujourd’hui, il n’est d’ailleurs plus guère cultivé que dans cette région - mis à part quelques communes de la Vallée du Cher… car le Cabernet franc l’a supplanté en Anjou. Sa production se répartit sur 140 hectares sur l’aire géographique de l’AOP Coteaux du Vendômois et Vins de Pays (41).

J’ai eu la chance aujourd’hui de pouvoir déguster et faire des associations avec deux d’entre eux :
- Le Gris Bodin 2025 domaine Colin Coteaux du Vendômois BIO
- Le Gris 2025 de Pascal Creuzet des Caves aux Caux

Pierre-François Colin est issu d'une longue lignée de vignerons puisqu'il représente la 9ème génération. Il réussit à maintenir de bons rendements et à maîtriser le mildiou sur les 28 hectares de vigne, sauf en 2021 parce que le gel fut exceptionnel cette année là. Leur spécificité par rapport aux autres vignerons est de ne pas être polyculteurs et longtemps ils furent les seuls en bio. C'est un domaine important puisqu'il exploite un tiers du territoire de l'appellation.
La robe est plutôt foncée pour un gris, rose saumoné, brillante. Le nez est minéral et frais, avec de jolis arômes fruités de fraise, framboise et surtout groseille. La bouche est fondue, gourmande et fraîche avec une petite note mentholée. Il est charnu, avec une belle longueur, sans doute parce qu'il est issu de vieilles vignes plantées en 1920. J’ai choisi de le servir en entrée sur une assiette de fraise, melon, concombre, batavia, relevée d’une vinaigrette composée tant pour tant de jus de citron, huile d’olive et miel, avec un tour de moulin de poivre. Ceux qui aiment pourront ajouter des lamelles d’amande torréfiées.
J’avais préparé en complément des fleurs d’hémérocalles farcies d’un mélange de chèvre frais et de fromage blanc, relevé de menthe douce et de ciboulette. C’est Patricia Laigneau qui m’avait initiée à cette gourmandise dans les très beaux jardins de son château du Rivau. On trouve ces fleurs dans beaucoup de jardin et très franchement c’est un régal. Il suffit de rincer la fleur, l’égoutter, retirer le pistil, remplir avec une cuillère à soupe de farce, resserrer les pétales et fermer en nouant un bin de ciboulette. Quant à la sauce, elle est reprise d'une recette du dernier livre de Lorraine Fouchet.

La robe du second Gris est beaucoup plus claire, évoquant le jus d’une pêche blanche, et correspond davantage à la représentation mentale qu’on se fait de ce vin, ce qui n’est pas un jugement de valeur de ma part. Le nez est lui aussi frais mais le côté fruité tire plus vers la pomme et la poire, avec une note citronnée. La bouche est équilibrée entre fruit, fraîcheur et des épices comme la muscade ou la cardamome. C'est un vin souple, fort agréable.

L'étiquette, fort charmante, quasi romantique, montre la cave telle qu'elle était en 1789. Le nom du domaine fait référence aux remarquables caves percées dans la plaine à même le tuffeau, ayant servi pendant la deuxième guerre mondiale d'abris anti-aériens, et de stockage pour les vignerons.

Pascal Creuzet y pratique une viticulture raisonnée. L’ensemble de l’exploitation est labellisée HVE (Haute Valeur Environnementale), et les vins sont vinifiés avec leurs levures naturelles et le minimum d’intrants.
J’ai associé ce Gris avec un poulet fermier au curry et au lait de coco, avec du riz basmati. Le plat a séduit la tablée. Le secret de la cuisson tient au fait que j’ai utilisé la cocotte Mathon (que j’ai présentée ici), sans aucune matière grasse. La viande a mijoté sur un épais lit d’oignon, avec laurier, branche d’origan et de thym, auxquels j’ai ajouté une tomate. Le poulet était coupé en morceaux mais j’avais (c’est bien meilleur) laissé les blancs sur la carcasse). Lorsqu’il fut bien cuit je l’ai retiré de la cocotte et ai mixé le jus de cuisson avec les oignons et la tomate. J’ai ajouté diverses poudres de curry que j’apprécie particulièrement comme le curry des Philippines, du gingembre, du citrus pepper, et je recommande une pointe de cannelle si vos invités n’y sont pas rebelles. On termine avec une briquette de lait de coco.

On sert la viande arrosée de la sauce, et le riz à part. J’ai ajouté des amandes torréfiées parce que c’est comme on dit "trop bon".
Cette cuvée s’accorde aussi avec un saumon grillé sur le barbecue, et conviendra même à des fromages, faisant de ce Gris des Caves aux Caux une valeur sûre de l’été, avec un remarquable rapport qualité/prix.

mercredi 20 mai 2026

Que servir avec un Vacqueyras Alliance ?

J'avais connu plusieurs belles surprises à l'édition de Rhône en Seine de novembre dernier. Parmi elles, une rencontre avec Cécile Dusserre qui gère un domaine familial qui se transmet de mère en fille, le Domaine de Montvac où elle travaille avec sa fille Amélie Cartoux -arrivée sur le domaine en 2020- représentant chacune respectivement la cinquième et la sixième génération. 

Après un Vacqueyras Arabesque à la structure fine et racée où l'harmonie des saveurs est directement accessible aux néophytes comme aux aguerris, s’affirmant avec la complémentarité des trois cépages, Grenache, Syrah et Mourvèdre, j'avais goûté la cuvée Alliance, en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Elle mérite bien son nom puisqu'elle marie huit cépages du Sud : 51% de Grenache Noir, 24% Carignan, Cinsault, Counoise, Grenache gris et Clairette rose, 20% de Mourvèdre et enfin 5% de Syrah issus d’une complantation sur un terroir argilo-sablonneux.

L’emblématique Grenache est majoritaire. Il délivre toute sa générosité et sa symphonie aromatique parce qu'il pousse sur un sol caillouteux ou sur des versants bien exposés au soleil, 

La Syrah dont les vignes sont installées sur des sols plus froids apporte des senteurs fruitées, florales ainsi que de la couleur.

Quant au Mourvèdre, il est utilisé avec parcimonie pour accroître la persistance aromatique de l’assemblage final.

La Counoise, le Carignan, le Grenache gris, la Clairette rose ainsi que le Cinsault sont des cépages tardifs avec des maturités phénoliques plus basses. Ils apporteront de la fraîcheur et surtout cette diversité nécessaire aux vins pour lesquels on souhaite de la complexité.

Mère et fille travaillent ensemble mais Alliance est une création d'exception imaginée et façonnée par Amélie deux ans après son arrivée sur le domaine.

Les raisins biologiques sont observés et dégustés hebdomadairement par Cécile et Amélie. À l’approche de la maturité,  elles lancent des analyses dans leur laboratoire pour déterminer, pour chaque parcelle, la date cruciale où l’équilibre entre structure et finesse aromatique sera optimal.

La ramasse est manuelle et y est effectuée en une seule fois pour donner toute l’harmonie. Les macérations sont douces à travers des remontages minutieux manuels afin d’extraire les arômes purs du fruit. Élevé avec soin 2 ans en cuves béton, en cuve "Diamant" la première année et "Ovoïde" la seconde, ce vin révèle une complexité harmonieuse et décomplexée.

J'aime particulièrement faire des associations qui sont faciles à reproduire. Il se trouve que je dispose depuis un moment d'un AirFryer et que je m'emploie à expérimenter diverses choses, ce que j’ai raconté dans un article intitulé Mes (premières) aventures avec un AirFryerSachant que cette cuvée se marie aussi bien avec des plats épicés que de belles pièces de viande j'ai choisi de préparer des aubergines épicées avec une viande réputée pour son goût, l'agneau, qui elle a été cuite dans un four classique.

Mais auparavant le repas commença avec une salade plutôt simple mais relevée pour "tester" le vin : courgette bio (donc on peut garder la peau) tranchée fine à la mandoline avec champignons blanc, sauce relevée au curry et fleurs comestibles, tranche de pain de seigle.

Le Vacqueyras n'a pas dénoté. Sa robe, d'un grenat profond, signature de la présence de Syrah, fut immédiatement remarquée, ainsi que la noblesse de la bouteille marquée du blason de Vacqueyras.

Je l'ai ensuite servi avec l'Agneau et ses Aubergines rôties aux épices & sauce au yaourt.

Je vous donne la recette des légumes avec des proportions pour 2 personnes sachant que la cuisson sera rapide (compter une douzaine de minutes).

On mélange dans un saladier 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive avec 1 cuillerée à café de curcuma, autant de curry, d'ail en poudre et de paprika.

On coupe une aubergine par personne en deux, dans le sens de la longueur en faisant attention à ne pas les transpercer. On incise la chair en la quadrillant puis on la nappe avec le mélange aux épices.

dimanche 17 mai 2026

La cuvée Margot du vignoble Brazilier

J'avais goûté la cuvée Margodu vignoble Brazilier il y a quelques années à l'occasion d'une dégustation assez large et si je l'avais appréciée je ne m'étais pas attardée.

C’était ma première vraie rencontre avec les vins des coteaux du Vendômois, que je connais désormais mieux et que j’apprécie énormément, bien entendu néanmoins en toute modération sachant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

A l'époque j'avais été séduite par les cuvées Rochambeauun assemblage de Cabernet franc et de Pineau d'Aunis, issu d'une vendange très riche, ce qui lui confère des arômes de fruit très mûrs, et Ocre Jeanne, un blanc issu de Chenin, élevé en fûts pour transcender sa sucrosité et apporter des notes de fruits bien mûrs de pomme. Son côté discrètement mentholé, contrebalançant la puissance de ce blanc, m'avait intriguée. Et j'avais trouvé charmant le jeu de mots avec le prénom de sa fille Jeanne. Et puis l'aspect vieilli de l’étiquette est particulièrement réussi. 

J'ai redécouvert Margot sur Wine Paris où ce fut un de mes coups de coeur, bien que je n'en ai pas parlé longuement dans l'article récapitulatif parce que je préférais le faire après l’avoir associé à un ou plusieurs plats.

Je m'y suis intéressée aussi pour la "petite" histoire parce que Benoit Brazilier est père de trois filles. Je savais que Jeanne avait sa cuvée mais je n'ignorais que la seconde s'appelle Margot et que la troisième, Madeleine, a elle aussi une cuvée la célébrant.

Elaborée à partir de 70% de sauvignon et 30% de chardonnay, produite par des vignes de 25 ans poussant sur un terroir argilo-silex, elle est  élevée six mois sur lies fines en cuve béton, pour d’une part préserver la fraîcheur du fruit mais aussi lui amener une pointe de richesse et de complexité aromatique.

L'étiquette d'un enfant soufflant malicieusement sur un pissenlit monté en graines évoque le printemps, la fraicheur … 

Si la cuvée Rochambeau exprime des arômes de fruits très mûrs et d’épices, Margot est un vin rouge à la robe claire, pur Pineau d’Aunis, issu de vignes d'une quarantaine d'années, installées sur un sol argile-calcaire. Il est juteux, avec d'agréables arômes de petits fruits rouges cueillis à pleine maturité et des notes délicates florales et épicées. Il est léger… faisant de cette cuvée une alternative très intéressante pour ceux qui cherchent de la fraicheur et de la légèreté sans avoir envie d'opter pour un rosé. Il aura tout à fait sa place sur une table estivale.
Voilà pourquoi je l'ai associé à un carpaccio de boeuf au basilic, accompagné d'une salade de mâche, d'endive et de tomate. Et si ce vin rouge est "léger" il a une robe profonde et il n'est pas sans caractère, loin s'en faut, donnant l'impression qu'on croque littéralement dans une cerise Bigarreau Napoléon (dite Cœur de Pigeon) légèrement épicée.
Il a été élevé sans passage en bois, pour préserver la pureté aromatique. Par conséquent les tanins sont souples, permettant de l'associer à toutes sortes de charcuteries, et autorisant qu'on fasse tout le repas avec ce vin, y compris sur un plateau de fromages. En dessert ce fut une salade de fruits servie avec des tuiles au chocolat. Sachez enfin qu'en cas de grande tablée Margot existe en magnum.

dimanche 3 mai 2026

Accord avec le Château Capet Guillier Saint-Emilion Grand Cru qui plus est cuvée 2019

J'ai revu avec grand plaisir, et sans l'avoir anticipé, Angélique Picard – Oenologue 
au Château Patache d’Aux en Médoc avec qui j'avais fait connaissance au cours de la soirée de Rouge aux lèvres mettant en lumière des femmes vigneronnes.

Elle m'y avait fait déguster, en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, la cuvée 2019 du Château Patache d’Aux, que j'ai de nouveau goûté au Grand Tasting le 13 avril dernier … après le Sauvignon blanc des Chevaux de Patache d'Aux 2024.

Angélique façonne au Château Patache d’Aux des vins élégants, structurés, auxquels je n'ai aucun reproche à faire.
Mais c'est un autre vin qui m'a semblé conjuguer le mieux la tradition bordelaise et la contemporanéité. Il s'agit du Château Capet Guillier Saint-Emilion Grand Cru, qui plus est cuvée 2019.
Château Capet Guillier se situe sur la commune de Saint Hippolyte, aux portes de Saint-Emilion. Le vignoble d’une quinzaine d’hectares se dote de cépages emblématiques du libournais : Merlot, Cabernet Franc et Malbec. Les vignes de Château Capet-Guillier se situent sur la côte sud de Saint Émilion qui bénéficie d’une exposition parfaite sur un terroir de molasse du Fronsadais avec son calcaire actif. Son drainage naturel et ses pentes en font un endroit idéal pour la culture du Merlot, le cépage roi de la propriété avec sa richesse aromatique, sa couleur et son croquant. Vient s’ajouter le Cabernet Franc dont le bouquet frais et les tanins soyeux contribuent à construire une structure parfaite. 

Cette cuvée (comme d'ailleurs le second vin du château Tour de Capet mais que je n'ai pas gouté) est exploitée et vendangée avec soin, vinifiée au cœur d'un même chai de vinification et d’élevage, au Château Capet-Guillier. Les raisins sont vinifiés en cuves en bois tronconiques et par la suite élevés en barriques de chênes français (50% en barriques neuves, 50% en barriques d’un vin) entre 12 à 16 mois.
Je l'ai présenté sur des brochettes d'agneau, les premières du printemps, donc celles qu'on apprécie le plus pour peu qu'on les déguste avec un vin aux tannins soyeux.

N'aimant pas l'agneau "trop" cuit j'intercale la viande avec des tranches d'oignons et de poivron que j'ai pré-cuits au micro-ondes et des champignons-boutons qui ont macéré dans l'huile. J'ajoute dans les assiettes des fleurs d'ail des ours qui sont de saison et qui apportent une saveur à la fois piquante et douce.
Château Capet-Guillier est une cuvée emblématique et caractéristique des Grands Crus de Saint Emilion, issue d’une sélection intra parcellaire rigoureuse. La robe est profonde et intense, déclinant des reflets violacés. Le nez offre des parfums de fruits noirs croquants, sublimés par un bouquet frais et des saveurs de sous-bois. La bouche est structurée et riche avec une finale longue et croquante. Certes (et heureusement) les tanins sont présents (mais absolument pas agressifs) et ils se bonifieront avec le temps. C'est une cuvée de garde, représentative des grands vins de Saint Emilion.

En 2019, le printemps a été très humide et plus frais qu’en 2018 avec trois matinées de gel, phénomène de plus en plus fréquent sur le vignoble bordelais mais qui n’a engendré aucun dégât sur la propriété. A suivi un été marqué de quelques petites pluies qui ont été bénéfiques au vignoble mais la saison fut dans son ensemble caniculaire, avec des températures avoisinant parfois les 45°C. Quelques précipitations en septembre ont permis de limiter le degré alcoolique et d’affiner la structure tannique. Les rayons de soleil qui ont suivi ont assuré un bon état sanitaire des vignes.

S'agissant de ce millésime le fruit noir est très présent,  cerise mûre et cassis, les épices également. J'ai apprécié l'élégance de ce vin et sa finesse tannique qui ont participé au succès du déjeuner.

Il faut signaler que la propriété - qui appartient désormais à Antoine Moueix- a débuté sa conversion bio sur le millésime 2020, une démarche logique et naturelle pour un château et des hommes engagés. Des pratiques biodynamiques sont également mises en place depuis 2021.

Château Capet Guillier Saint-Emilion Grand Cru 2019
AOC : Saint Emilion Grand Cru
Assemblage : 90% Merlot, 10% Cabernet-Franc
Température de service : entre 14 et 16 degrés
Potentiel de garde : entre 5 et 15 ans
Château Patache d'Aux - 1 rue du 19 mars 1962 - 33340 Begadan

mercredi 29 avril 2026

Accord avec le Janus, coteau du Loir du Domaine de Cézin 2023

Quand j'ai participé à une soirée organisée par Rouge aux lèvres et célébrant des femmes du vin il était trop tard pour découvrir le Janus, coteau du Loir du Domaine de Cézin d'Amandine Fresneau.

La vigneronne qui est aussi membre de Terra Vitis était intervenue sur les questions de carrière et de transmission.

Ayant une passion pour le Pineau d'Aunis dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises dans le blog (ici), j'avais proposé de réaliser un accord particulier avec ce vin qui est un Rouge d'assemblage de Pineau d'Aunis 70%, Gamay 20%, Cabernet Franc 5% et Côt 5%.

Le Côteau du Loir Rouge, cuvée Janus, est un vin élégant et atypique, parce qu'il est né de cet assemblage de quatre cépages. Sa robe est claire, de couleur changeante selon que la lumière le traverse ou arrive en aplomb. Elle prend alors un reflet rouge cramoisi très original que certains qualifient de "grenadine".
Ce que j'ai le plus apprécié c'est son côté gourmand mais léger, avec des arômes fruités et floraux qui s'accompagnent progressivement de notes épicées, rendant cette bouteille tout à fait polyvalente.

Si nous étions en hiver je la verrai bien sur une tartiflette mais étant au printemps elle va se déguster, certes en toute modération sachant que l'abus d'alcool nuit à la santé, sur un des premiers barbecues. En commençant par une salade de mâche.
Nous avons apprécié le Janus sur une brochette de mouton/poivron/champignon/oignon servie avec spaghettis et petits pois, carottes mais aussi sur une portion de travers de porc grillée, petits légumes et gratin dauphinois. Il aurait aussi convenu sur des plats conviviaux comme la paella ou le couscous.
J'aime particulièrement sa saveur de groseille et sa finale évoquant les champignons.

Je signale que le domaine peut être visité, ainsi que leurs caves troglodytes, qu'une matinée dans les vignes est prévue le 15 mai (d'autres dates sont déjà programmées), des portes ouvertes au domaine les 6 et 7 juin prochains de 10 à 19 heures, et bien d'autres choses encore dont vous trouverez l'annonce sur le site du domaine.

Coteaux du Loir Rouge Janus 2023
Domaine de Cézin - Famille Fresneau
22 rue de Cézin - 72340 Marçon - contact@domainedecezin.fr

mardi 21 avril 2026

Accord met-vin avec le Thirsty Owl Wine Co. Diamond 2024 des Finger Lakes

C'est à Wine Paris, sur le stand des vins de l'Etat de New-York, que j'ai découvert notamment le Diamond de Thirsty Owl Wine, cuvée 2024.

Il n'y a pas que l'étiquette qui a attiré mon attention. C'est surtout la saveur de ce cépage que nous ne connaissons pas en France et pour lequel on manque de références organoleptiques qui le rend intéressant à tenter d’associer avec un plat.

Goûter ce vin de table doux, comprendre et apprécier son histoire, lui confère un charme indéniable et c'est un vin d'une qualité exceptionnelle.

La robe est jaune citron pâle. Le nez est aromatique et complexe : d’abord des arômes de grappes de raisin fraîchement cueillies suivis de notes de fruits mûrs, miellées, herbacées et florales.

En bouche, des notes de pêche et de poire se révèlent, avec une acidité typique de l'État de New York. La minéralité est marquée, évoquant les hydrocarbures. La finale est douce, débordante de saveurs et d'arômes de raisin frais.

On y reconnaît les caractéristiques aromatiques de certaines variétés issues de vignes américaines. Ce profil, singulier et expressif, se distingue par des notes intenses de raisin frais, de fruits mûrs et une touche délicatement sucrée évoquant certains jus de raisin bien mûrs.

Selon les sensibilités culturelles, cette palette peut être perçue différemment : si elle surprend parfois en Europe par son originalité, elle est en revanche particulièrement appréciée dans d’autres régions du monde, comme au Japon, où elle est associée à une expression riche et gourmande.

Le nez et la bouche développent des nuances complexes, mêlant des notes fruitées généreuses à des accents plus sauvages et naturels, qui rappellent le caractère authentique du terroir et de la vigne. Cette typicité, que les œnologues qualifient par le terme de "foxton" ou "foxtaste", constitue une véritable signature sensorielle, recherchée par les amateurs pour son identité unique.

Je pourrais résumer en deux mots la sensation à la dégustation, étrange je l'avoue, de cire d'abeille, totalement inédite avec les vins français si on excepte l'hydromel. Les néophytes pensent que du sucre a été ajouté, et pourtant non, pas plus que les alsaciens ne supplémentent leur Gewurtztraminer. Il présente seulement 5,6 % de sucre résiduel.

On aime ou on aime pas, et personnellement j’apprécie, bien entendu en toute modération sachant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé comme nous le rappelle l’histoire du nom de la compagnie. On raconte en effet que Ted Cupp, fondateur et "visionnaire" du domaine viticole (le père de Jon qui le dirige aujourd’hui), avait un peu trop bu un soir et, qu’en rentrant chez lui, il crut apercevoir un "grand hibou assoiffé" dans les vignes. Il décida alors de donner ce nom à son entreprise.

Il est issu d'un cépage trop souvent méconnu, probablement parce qu'il donne généralement des vins doux, souvent qualifiés de "violents" au goût de raisin. Autrefois, Pourtant, ces arômes de raisin ont connu un véritable regain de popularité ces dernières années, et ce vin est une véritable réussite !

Je l’ai immédiatement imaginé sur des recettes créoles, un poulet New-Orléans, des plats cajuns ou mexicains, un colombo (ci-dessous à gauche). Mais j’ai cherché une autre association et je dois dire qu'un risotto aux morilles a parfaitement matché, en accompagnement d'un saumon cuit vapeur. L'assiette est "décorée" de fleurs de bourrache et feuilles de menthe bergamote qui sont deux végétaux que j'apprécie énormément.
Il fut également idéal avec une tarte aux pommes, mais en saison je le servirai sur des abricots et ce sera encore meilleur.

lundi 30 mars 2026

Dégustation de la gamme Vidal-Fleury

J'ai été invitée à déguster les dernières cuvées de Vidal-Fleury dans un restaurant tenu par deux amis d'enfance Rémi Poulain, chef talentueux et Anthony Rivière, chef d'entreprise passionné de gastronomie qui ont choisi de s'associer pour ouvrir leur propre établissement, l'Evadé.

Installé sur deux niveaux, le sous-sol comporte deux salles qui permettent une certaine intimité.

La soirée s'est déroulée en deux temps. D'abord ce qu'on appelle une dégustation des vins présentés, selon un ordre logique, en procédant d'abord avec les blancs et ensuite les rouges. Puis un dîner en composant les meilleurs accords possible mets-vins. Tout cela bien entendu en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

J'essaierai dans cet article de dire l'essentiel mais je vous invite aussi à vous reporter aussi à des publications dans lesquelles je parlais précédemment de la maison Vidal-Fleury.

Des carrés de focaccia à l’huile d’olive et aux herbes de Provence ont accompagné la dégustation des 3 Blancs : Crozes-Hermitage 2023, Saint-Péray 2024 et Saint-Joseph 2024 :

Le Saint Peray est nouveau dans la gamme Vidal-Fleury depuis 2021 et il est uniquement vinifié en Marsanne, issu de vignes poussant sur un socle granitique couvert de limons, de lœss et de débris calcaire. Il est élevé sur lies avec bâtonnage, pour 30% en fûts de chêne et 70% en cuve inox.

J'ai beaucoup apprécié ce vin blanc sec tranquille à la robe jaune brillant aux reflets verts, aux arômes subtils d’aubépine, d’acacia et de violette, presque miellés. En bouche il présente une légère acidité adoucie par une rondeur bienvenue. Il sera agréable tout au long d'un repas simple avec poisson, viande blanche et fromages.

Le premier et le troisième sont des AOC depuis 1937. Le Crozes-Hermitage Blanc est élaboré avec Marsanne à 95% et Roussanne à 5% tandis que le Saint-Joseph Blanc l'est à 70-30. Les vignes sont plutôt situées dans la partie sud de ces appellations.

Le nez du premier est très frais, d'un style moderne, floral, fruité également, avec une note minérale prononcée. Il est très frais en bouche, évoquant la pêche blanche, avec une note miellée et grillée.

Le nez du troisième est intense, dominé par les fleurs blanches et la noisette, mais je l'ai trouvé plus léger que les précédents et peut-être moins "intéressant" du fait que ce blanc sec est de courte garde, optimum jusqu'à 4 ans d’âge.

Ma préférence se portant sur le Saint-Péray je n'étais pas prête à changer d'avis mais mon opinion n'est pas définitive. Les Rouges suivirent et ce fut cette fois le Saint-Joseph rouge 2022 qui l'emporta pour la combinaison de ses qualités organoleptiques et son prix. Si je pouvais faire abstraction de ce critère ce serait par contre de toute évidence vers la Chatillonne que je me tournerais. Un petit conseil général : ne pas hésiter à carafer afin de révéler toute la complexité des bouquets et la finesse de la texture en bouche.

L’appellation Saint-Joseph est une succession de terrasses granitiques qui surplombent
le Rhône sur une cinquantaine de kilomètres. La cuvée de Vidal-Fleury est issue de raisins cultivés (cépage Syrah) dans le Sud et le Nord de l’appellation (entre Malleval et St-Pierre-de-Bœuf) et bénéficie d'un climat de type semi-continental avec l’influence du Massif Central plus frais et du fleuve qui apporte de la douceur.

Les vendanges sont manuelles et avaient commencé le 14 septembre 2022, égrappage total et fermentation en cuve inox sous température contrôlée. La durée de cuvaison est de 3 semaines. Après le décuvage, le vin est ensuite élevé sous bois (80 % en fûts, 20% en demi-muids) avec environ 25% de chêne neuf pendant un an et demi avant d’être mis en bouteille.

Ce millésime a connu un hiver assez doux et sec et la chaleur s’est installée tôt dans la vallée permettant à la vigne une belle croissance au printemps. L’été a été marqué par la sécheresse mais quelques pluies bien placées mi-août sont venues apporter l’eau nécessaire pour produire des raisins de belle qualité, gorgés de sucre et d’arômes, si bien que le résultat est déjà remarquable tous ans plus tard, sachant que le potentiel de garde est de 10 à 15 ans.
La robe est grenat avec des reflets bordeaux. Le nez révèle des notes d’épices parmi lesquelles on reconnait que la muscade et le clou de girofle avant que des notes de fruits noirs apportent de la gourmandise au bouquet. En bouche, ce vin est riche et racé. Le volume rond s’équilibre avec des tanins présents mais soyeux. La finale est longue sur les épices et les notes boisées.
*
*  *
Rien n'avait été prévu pour accompagner la mise en bouche, un houmous cheveux d'ange. Il m'a semblé que les qualités du Crozes-Hermitage Blanc conviendraient le mieux (malgré la préférence que j'affichais plus haut). 
Le Pâté croute cochon, volaille, foie gras, pistaches et condiments pickles, moutarde au moût de raisin qui est un des plats signature du restaurant, fut servi sur un Cornas 2022.

jeudi 26 mars 2026

Tentative de bilan de Wine Paris 2026

(article mis à jour le 30 mai 2026)
Wine Paris est le principal salon international consacré au commerce du vin et des spiritueux qui attire plus de 60 000 visiteurs du monde entier (155 pays) et présente plus de 6 000 exposants de 60 pays.

On y vient pour rencontrer des producteurs, déguster, bien sûr, mais en toute modération puisque l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, assister à des tables-rondes, suivre des master-class et débats réunissant experts, décideurs et institutionnels … en navigant entre les trois espaces, trois univers dans un même lieu : Wine Paris (vins), Be Spirits (spiritueux) et Be No (boissons sans alcool) qui est désormais un des laboratoires de Wine Paris pour répondre aux mutations des consommateurs et aux nouvelles tendances du marché.

Du 9 au 11 février 2026, plus de 63 500 professionnels venus de 169 pays ont arpenté les différents halls de la Porte de Versailles à la rencontre de plus de 6 500 exposants issus de 63 pays. Par rapport à 2025, l’événement affiche une croissance d’environ 20 % de la fréquentation et avec dorénavant une majorité de visiteurs internationaux.

Pour sa septième édition, Wine Paris, autrefois Vinexpo (qui était bisannuel), s’est confirmé comme l’un des événements incontournables du secteur vinicole mondial malgré la crise traversée par de nombreuses appellations. Il s’est également affirmé comme un lieu de réflexion et d’influence sur les grandes thématiques qui traversent la filière — durabilité, géopolitique, innovations et stratégies de marché.

Bien que déployé sur trois jours (et deux soirées, off) l'évènement ne permet pas d'être suivi dans son intégralité. J'ignore ce quelles rendez-vous représentent quantitativement mais ils ont été riches d'un point de vue qualitatif comme en témoigne la série d'articles qui a été générée :


Je pourrais mentionner aussi Deux accords mets-vin avec le Sauvignon de King Family car c'est un vin que j'avais goûté sur une autre édition de Wine Paris. Et il faut savoir qu'il me reste plusieurs accords mets-vins à réaliser sachant que d'autres viendront dans les semaines à venir.
Ainsi je consacrerai des articles détaillés sur le Consorzio Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG en démontrant que le cépage utilisé, le Glera, peut être travaillé de façon extraordinaire. Et un accord met-vin avec la "Cuvée 0" Valdobbiadene DOCG 2024 extra brut.
Sans oublier le Champagne Edouard Duval Noir d'Eulalie. et aussi un vin effervescent sans alcool pour lequel je me suis enthousiasmée, le Sparkling Tea.
J'ai proposé plusieurs accords mets-vin avec le très étonnant Thirsty Owl Wine Co. Diamond 2024 des Finger Lakes et avec aussi deux vins tchèques, le Veltiner de Gurdau, et un Pinot noir.
La France ne sera pas en reste avec la nouvelle cuvée l'Aubin de Vidal-Fleury, l’Étoile 2020 Sélection - Domaine Jean Luc Mouillard  (Jura), mais aussi une cuvée de Mas de Libian … qui n'est pas encore embouteillée.

Comme quoi Wine Paris a donc des retombées bien au-delà des journées à la Porte de Versailles.

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)